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« Ville sensible : nos cerveaux lisent mal le cahier des charges. Est-ce grave ? »

Synthèse de la conférence de Jérôme Jubelin le 5 mars 2026 à Zadiga Cité,
sur le thème :
« Ville sensible : nos cerveaux lisent mal le cahier des charges.
Est-ce grave ? »


« Ville sensible : nos cerveaux lisent mal le cahier des charges.
Est-ce grave ? »


Nos cerveaux font exactement ce pour quoi ils sont conçus : filtrer, simplifier, compléter l’information pour agir rapidement.
C’est efficace. Mais pas toujours sans conséquence.

Dans les projets de Ville Sensible, où se croisent données, usages, émotions, contraintes économiques et attentes politiques, ces mécanismes peuvent créer des angles morts.
Des malentendus.
Parfois même une perte d’efficacité collective.

Et si le véritable levier d’accélération de ces projets n’était ni technologique, ni budgétaire… mais cognitif ?

Lors de la conférence, l’orateur a exposé 3 mécanismes cognitifs simples qui sont insuffisamment pris en compte, particulièrement dans les projets de Ville Sensible et 3 outils simple pour accompagner le cerveau à fonctionner de façon efficace.

1. Les mots compris différemment    
                                                        
Face à la complexité, notre cerveau simplifie.

C’est un mécanisme nécessaire.
Mais chacun simplifie différemment.

Dans un projet urbain, tout le monde peut parler de « bien-être », d’« ambiance », de « qualité de vie ».
Les mots semblent évidents.
Personne ne les conteste.

Et pourtant, chacun peut mettre derrière ces mots une réalité différente.

On croit être d’accord… alors qu’on ne parle pas exactement de la même chose.

Un consensus rapide peut parfois être le symptôme d’un malentendu.

Une solution simple consiste à prendre le temps d’expliciter ensemble le sens concret des mots utilisés dans le projet :
mettre les définitions côte à côte, les discuter, et construire une définition de travail partagée.

Quelques minutes au début d’un projet peuvent éviter bien des tensions ensuite.

2. Le poids du présent

Notre cerveau accorde naturellement plus de poids au présent qu’au futur.

Un coût chiffré aujourd’hui paraît toujours plus réel qu’un bénéfice futur, surtout lorsque ce bénéfice est collectif, diffus, difficile à attribuer.

Or les effets de la Ville Sensible se déploient souvent dans le temps :
qualité des usages, bien-être, coopération, apaisement.

L’enjeu n’est donc pas seulement de convaincre.

Il est de rendre le futur plus concret.
Plus proche.
Plus visible dans l’esprit des décideurs.

Imaginer par exemple un scénario négatif réaliste à moyen terme :
Le projet a échoué dans dix-huit mois : comment cela se traduit-il ?
Et quelle action simple aurait pu éviter cette situation ?

Ces projections permettent de rééquilibrer la décision entre présent et futur.

3. La question des règles du jeu

La coopération ne bloque pas toujours sur les idées.

Elle bloque souvent sur l’incertitude.

Quand les règles de décision ne sont pas claires — ce qui est négociable, ce qui ne l’est pas, comment les arbitrages seront faits — le cerveau se met en alerte.
La méfiance apparaît.
Les résistances aussi.

Dans les projets de Ville Sensible, où les critères peuvent être subjectifs — ambiances, perceptions, usages — la transparence du processus devient essentielle.

Les acteurs acceptent plus facilement une décision, même lorsqu’elle ne leur est pas favorable, lorsque les règles du jeu sont visibles.

Conclusion : Penser la Ville… et penser comment nous pensons

La Ville Sensible est conçue par et pour celles et ceux qui y vivent.

Mais pour la construire, il ne suffit pas de transformer la ville.

Il faut aussi interroger la manière dont nous réfléchissons,
dont nous nous comprenons,
dont nous arbitrons,
et dont nous coopérons.

Parce que, parfois, ce ne sont pas les projets qui bloquent.
Ce sont simplement nos cerveaux qui lisent le cahier des charges de façon inadaptée. Cela n’est pas grave à condition de le savoir et d’y remédier : ils ont juste besoin d’aide outillées pour donner le meilleur d’eux-mêmes !
 

Jérôme Jubelin est dirigeant de la plateforme d’ingénierie cognitive intégrée UMANAO® pour créer des outils permettant à des personnes en situation professionnelle de cultiver leurs fonctions cognitive . Dans le cadre de cette conférence, Jérôme a mis en lumière l’impact des mécanismes cognitifs sur la compréhension, la décision et la coopération dans les projets de Ville Sensible.

Les 1ères Assises Internationales de la Ville Sensible initiées par Olivia Cuir et Thierry Roche, avec l’appui du Conseil Scientifique, ont eu lieu le 30 juin 2025 à Lyon. Cet événement pionnier a mobilisé un écosystème d’acteurs engagés autour d’un objectif commun : construire des villes plus sensibles, inclusives et durables où les émotions humaines deviennent un levier d’innovation et de bien-être collectif. Une seconde édition est en cours de préparation et aura lieu le 1er juin 2026.

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